Louise Abbéma, La Japonaise, éventail au pastel, 1888. 
                       Crédit : Christie’s.



« MM. les membres du jury de peinture m’en voudront peut-être de cet article ; j’en sais plusieurs qui fulminent contre l’envahissement des femmes dans la peinture, et qui sont toujours prêts à refuser […] un tableau signé par une femme ; mais il faut que ces messieurs en prennent leur parti. Je sais bien que c’est très vexant de voir des portraits ou des tableaux traités par des pinceaux tels que ceux de Mmes Jacquemart, Henriette Brown, Louise Abbéma et beaucoup d’autres ; mais je ne vois pas pourquoi les femmes ne tiendraient pas aussi bien leur place en art qu’en littérature […] ». 

Voici ce que l’on peut lire dans l'article d'un quotidien daté de janvier 1888. Et si un artiste a particulièrement contribué à cette déferlante féminine en peinture, c’est bien Charles Chaplin, membre du jury et ancien professeur de Louise Abbéma et d’Henriette Brown… S’il dispense des cours particuliers dès le milieu des années 1850, Chaplin finit par ouvrir un atelier réservé aux femmes dans son hôtel particulier de la rue de Lisbonne vers la fin de l’année 1866 ou au début de l’année suivante. L’initiative du maître est inédite à cette époque.

"MM. board members will perhaps blame me for this article, and I know several who inveigh against the invasion of women in painting, and are always ready to reject [...] a painting signed by a woman but these gentlemen musn’t take their party. I know it's very annoying to see portraits and paintings treated with brushes such as those of Mrs Jacquemart, Henrietta Brown, Louise Abbéma and many others, but I do not see why women could not have their place in art such as in literature [...] ".

Here is what we can read in a newspaper article dated January 1888. And if an artist has especially contributed to this wave of women in painting, it's Charles Chaplin, board member and former teacher of Louise Abbéma and Henriette Brown ... If he provides private courses in the mid-1850s, Chaplin finally opens a workshop for women in his mansion, rue de Lisbonne to the end of 1866 or at the beginning of the following year. The master’s initiative is unprecedented at that time.