Charles J. Chaplin

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Réservez votre soirée du 21 mai !


Dans le cadre des soirées organisées par le Cercle de l’Éventail, nous sommes heureux de vous convier à notre prochaine conférence :


"Éventails et représentations d'éventails : quelques œuvres de Charles J. Chaplin (1825-1891) en mains privées"

Mercredi 21 mai 2014 à 18h30

- Palais Galliera -


Informations pratiques :
Entrée : Membre du Cercle : 10 euros - Non membre : 15 euros.

Palais Galliera - musée de la Mode de la Ville de Paris
10, avenue Pierre Ier de Serbie, 75016 Paris
Métro Iéna ou Alma-Marceau (ligne 9)

Pour en savoir plus :
https://fr-fr.facebook.com/pages/CERCLE-DE-LEVENTAIL/225886390757138


Avant-propos



                            
                                        Madeleine Lemaire, Portrait de Charles Chaplin, 1885, eau-forte, fonds privé.


           L’art du Second Empire demeure le parent pauvre de l’histoire de l’art mais attire toujours les collectionneurs avertis. Plusieurs années de recherche nous ont ainsi permis de redécouvrir l’un des peintres les plus populaires de la seconde moitié du XIXe siècle : Charles Joshua Chaplin (1825-1891).

Passé sa production de scènes de genre dans le goût du XVIIIe siècle et les rares portraits mondains en circulation dans les salles de vente, l’œuvre de Chaplin reste méconnue, fragmentaire et mal évaluée bien qu’elle soit présente dans les plus grands musées du monde. Pour preuve, les imitations et les copies de ses œuvres sont très nombreuses ! Et qui se souvient qu’il ait réalisé dans le très prestigieux palais de l’Elysée des décorations peintes sur glace pour l’ancienne salle de bain de l’impératrice ?

Si la rédaction de sa première monographie est en cours, notre but ici n’est pas d’établir une biographie complète ni un catalogue raisonné en ligne. Ces pages fourniront toutefois des éléments précieux et inédits nécessaires à la compréhension du travail de cet artiste prolixe. Chaplin fut à la fois paysagiste, portraitiste, peintre décorateur maîtrisant toutes les techniques (pastel, aquarelle, sanguine, huile, eau-forte…) et de nombreux supports depuis la toile jusqu’au miroir et la céramique. Il apparaît également comme un homme engagé en faveur de l’indépendance artistique, et notamment celle des femmes. Le peintre ouvre effectivement vers octobre 1866 l’un des premiers ateliers parisiens qui leur est réservé.

« Peintre de la femme », « Boucher du Second Empire», « Courbet de la grâce »… autant de qualificatifs réducteurs jetés au public sans n’avoir jamais fait l’objet d’une quelconque étude. Pourtant, de grands écrivains et critiques comme Emile Zola, Arsène Houssaye, Théophile Gautier, d’importants peintres modernistes comme Vincent Van Gogh ou Edouard Manet ont défendu Chaplin et vanté son talent : « Il sait le sourire d’une femme », disait Manet au peintre Jeanniot « et c’est très rare ».

Spécialiste de Charles Chaplin, nous sommes heureux de pouvoir mettre aujourd’hui nos compétences à votre service. Pour toute demande d'expertise de vos œuvres, n’hésitez pas à nous contacter par mail.

Bonne visite à tous et à bientôt !

The art of the (French) Second Empire remains ignored by the history of art, but still draws collectors. Several years of research have alloewed us to rediscover one of the most popular painters of the second half of the nineteenth century: Charles Joshua Chaplin (1825-1891).

After the production of genre scenes in the style of eighteenth century and the  rare society portraits circulating in public auctions, the work of Chaplin remains unknown, fragmented and poorly evaluated, although it is present in the greatest museums of the world. For proof, imitations and copies of his works are very numerous! And who remembers that he has done in the prestigious Palais de l'Elysee decorations painted on the old ice bath the Empress?

While writing his first monograph is in progress, our goal here is not to establish a full biography nor a descriptive catalog online. These pages will provide, however, those precious and unpublished necessary to understand the work of this prolific artist. Chaplin had both landscape, portrait, painter decorator mastering all the techniques (pastels, watercolor, chalk, oil, etching ...) and many media from painting to the mirror and ceramic. It also appears as a man committed to artistic independence, and especially women. The artist opens up to October 1866 a leading Parisian workshops reserved for them.

"Painter of Women", "Boucher of the (French) Second Empire," "Courbet of the grace" ... all these adjectives thrown to the public without ever having been any study. However, great writers and critics such as Emile Zola, Arsene Houssaye, Theophile Gautier, important modernist painters such as Vincent Van Gogh and Edouard Manet Chaplin defended and praised his talent: "He knows the smile of a woman," said Manet Jeanniot the painter "and it is very rare."


Specialist Charles Chaplin, we are pleased to make today our expertise at your service. For any expertise in your work, please contact us by email.

Enjoy your visit and see you soon!

Chaplin avant Chaplin : les premières oeuvres rustiques

Les oeuvres rustiques après 1851 : une production confidentielle



       
                               Moulin dans la plaine, vers 1856, h/t, 22 x 16 cm, sbd. 
                                         Crédits : artprice.com.



Après 1851, Chaplin s'impose avec le portrait mondain, genre plus lucratif que le paysage. Toutefois, le peintre n'abandonne pas ces "rusticités", véritable retour aux sources.

En dépit d’un achat de l’Etat au Salon de 1848, L'Appel dans la bruyère, et de grands progrès grâce à la rencontre avec le peintre autodidacte Adolphe Leleux (1812-1891), Chaplin ne vit pas de son art. Toutefois, avec le portrait de sa sœur Adèle Olympe Priestley, Chaplin remporte une médaille de 3e classe au Salon de 1851. Le succès est au rendez-vous : Chaplin s’impose rapidement comme l’un des portraitistes mondains les plus en vogue. Sa peinture paysagère devient alors confidentielle. Chaplin continue ses déplacements à la campagne, notamment lors de villégiature en Normandie, à Brignacourt ou à Jouy-en-Josas où il acquiert une maison dans le courant des années 1860. Loin de l’agitation parisienne, l’artiste s’adonne à un travail en plein air à l’origine de croquis, de dessins, d’aquarelles, d’huiles et de gravures.    

 

After 1851, Chaplin impose himself as a fashionable artist, specialiazed in portraits, genre more lucrative than the landscape. However, the painter does not abandon the "rustics", true homecoming.

Despite the purchase of the Salon of 1848, Appel dans la bruyère, and rapid progress thanks to the self-taught painter Adolphe Leleux (1812-1891), Chaplin does not live by his art. However, with the portrait of his sister Olympe Adele Priestley, Chaplin wins a 3rd class medal at the Salon of 1851. Success is by appointment: Chaplin is quickly becoming one of the most fashionable portrait fashion. His landscapes become confidential. Chaplin continues his trips to the countryside, especially during holiday in Normandy, or at Brignacourt, Jouy-en-Josas, where he bought a house in the course of the 1860s. Far from the agitation Paris, the artist engages an outdoor work giving birth to sketches, drawings, watercolors, oils and prints.         

                                     

                      Barque, 1862, eau-forte, 14 x 23,3 cm, sdbd. 


                              

                                            Petite Cascade dans la Tiretaine, 1870, h/t, 27,2 x 32 cm, sbg
                                            et dbd. 
                                            Crédits : artprice.com.

Le succès par le portrait



                                               
                                          Portrait de femme (détail), 1854, h/t, 120 x 86 cm env., sdbd. 
                                                               Crédits : fonds privé.
                                                             


Grâce au succès critique remporté au Salon de 1851 et à sa médaille de 3e classe, Chaplin s’est « fait un nom ». Délaissant ses paysans et ses  vues de village pour le portrait, le peintre s’adapte à la rigueur d’un genre et aux attentes d’une nouvelle clientèle.

En fait, Chaplin expose des portraits au Salon depuis ses débuts, soit en 1845 avec une effigie de sa mère. Le peintre mène une double carrière de peintre rustique et de portraitiste afin de subvenir à ses besoins. Ses premiers travaux précédant son grand succès de 1851 sont rares. Les quelques œuvres témoignent de l’influence de sa peinture rustique : des couleurs sourdes et denses comme l’ocre et le noir. Les contours ne pas encore bien arrêtés, la posture des figures un peu raide.


With the critical success won at the Salon of 1851 and its 3rd class medal, Chaplin has "made a name." Abandoning his peasants and his views of the village for the portrait, the artist adapts his manner to the rigor of a genre and the expectations of new customers.

In fact, Chaplin exposes portraits at the Salon since its inception, in 1845 with an effigy of his mother. The artist has led a double career both as a portrait painter and a rustic painter to make his ends meet. His early works before his great success of 1851 are rare. The few pieces show the influence of his rustic painting, with dull and dense colors as brown ocher and black. The contours are not yet well established, the posture of the figures a bit steep.




          

                                           Portrait d’homme, fin des an. 1840-déb. des an. 1850, h/t, 27 x 21,5 cm,sbg.


Peu à peu, la palette terreuse de Chaplin laisse place à des tonalités plus chantante et plus gracieuse. En plus du blanc, du gris et du rose – les trois couleurs fétiches qui incarneront son style – le peintre emploie des nuances plus acidulées et plus soutenues afin de souligner les détails d’importance comme la délicatesse d’une nuque, d’un poignet, la fraîcheur d’un décolleté. La lumière vient illuminer la jeunesse d’une bouche et anime les regards. Ces qualités de portraitiste – desceller et mettre en valeur – permettent à Chaplin de jouir d’une popularité grandissante chez les femmes du monde.  La critique enthouasiste le compare aux portraitistes les plus fashionable du temps comme Eugène Emmanuel Amauy Duval (1808-1885) ou Edouard Louis Dubufe (1819-1883).


Little by little, the earthy palette of Chaplin leaves room for more melodious and more graceful tones. In addition to white, gray and pink - the three colors that embody his fetish style - the painter uses more sour and stronger grades to highlight the important details as a delicate neck, a wrist, the freshness of a neckline. The light comes to enlighten the youth of a mouth and the animated eyes. Such qualities as a portraitist - unseal and highlight - allow Chaplin to enjoy growing popularity among women worldwide. Criticism enthouasiste have compared him to the most fashionable portrait painters of the time as Eugene Emmanuel Amauy Duval (1808-1885) or Edward Dubufe Louis (1819-1883).





                                            Portrait de femme, 1854, h/t, 120 x 86 cm env., sdbd. 
                                               Crédits : fonds privé.


Au milieu du XIXe siècle, la vogue du portrait d'enfants offre à nombreux peintres comme Carolus-Duran ou Chaplin de nouveaux débouchés. La palette de Chaplin, de plus en plus fraîche et légère sans perdre en densité, s’accorde parfaitement avec la jeunesse des figures. Le peintre puisse dans sa propre production de scène de genre pour enrichir ses effigies. Le portrait des enfants d’Aimé Gros, un des clients réguliers de Chaplin, est en ce sens caractéristique.

IIn the mid-nineteenth century, the vogue of the portrait of children offers new opportunities to many painters as Carolus-Duran or Chaplin. The range of Chaplin’s palette, more and more fresh and light without losing density, fits in perfectly with the youth of his figures. The painter produced, inspired by in his own work that enriches his effigies. The portrait of children Aime Gros, a regular client of Chaplin, in this sense is characteristic.





                                              Portrait des enfants M.A.G., Salon de 1861, h/t, sdbg.

                                              Crédits : Paris, galerie Atalante, 2007. 

La femme dans tous ses états

                                 

 

                                            Angélique (d'après l'Arioste), vers 1861, eau-forte. 

                                            Crédits : coll. privée.



Après le portrait et la peinture décorative, Chaplin s’adonne à la scène de genre dans le courant des années 1850. 

Ses sujets de prédilection sont les activités féminines : le repos, la toilette, la musique, la lecture, le soin aux animaux... Si les thèmes rejoignent une certaine vision stéréotypée de l’époque, ils ne sont en fait que des prétextes à rendre la grâce féminine jusque dans les gestes quotidiens.


After portraits and decorative paintings, Chaplin embrasses the genre in the course of the 1850s.

His favorite subjects are the women's daily life: rest, grooming, music, reading, animal care ... If the themes resonate with some stereotypical view of the time, they are really just excuses to make the feminine grace into everyday behavior. 




  
                                                   Jeune Fille au livre
, vers 1857, huile sur toile, 33 x 23 cm, sbd. 

                                                   Crédits : Christie’s.





L’influence de la peinture du XVIIIe siècle français se fait bientôt sentir dans les scènes de genre aux accents clairement décoratifs. 

La palette devient plus légère et plus gaie à la fin des années 1850, et les costumes de ses jeunes filles rappellent la mode du siècle précédent.  Chaplin s’inscrit dans une vogue propre au Second Empire : une sorte de XVIIIe revival. L’impératrice Eugénie, amatrice de ce « style Pompadour » au point de se faire représenter en Marie-Antoinette par Winterhalter, tombe rapidement sous le charme des œuvres du peintre.  

The influence of French painting of the eighteenth century is soon heard in the genre with clearly decorative accents.

The palette becomes lighter and more cheerful in the late 1850s, and the costumes of the girls in fashion reminiscent of the previous century. Chaplin takes part and reflects this vogue of is part of the Second Empire: a kind of eighteenth revival. The Empress Eugenie, the lover of "Pompadour style" to the point to be represented by Marie-Antoinette by Winterhalter, quickly fell under the spell of the painter's works.



                                                      
                                                       Coquetterie
, 1857, Huile sur toile, 60,5 x 36 cm, sdbg.

                                                       Crédits : galerie Gary-Roche, Paris.




                                        F. X. Winterhalter, Portrait de l’Impératrice Eugénie, 1854, h/t, 92.7 x 73.7 cm.
                                        Crédits: Met, New-York.




Dans les années 1860, le peintre s’attache non seulement aux jeunes filles dont il vante la beauté du corps, la délicatesse, l’attention et l’instinct maternel mais également aux fillettes. 

Le peintre aime s’attarder sur ces figures poupines aux attitudes empruntes d’une adorable naïveté. Il traite ainsi tous les stades de la féminité avant la maturité, c’est-à-dire, la perte de l’innocence et l’entrée dans le monde adulte. Chaplin s’impose donc comme un poète des « choses transitoires », éphémères : la jeunesse fraîche et délicate comme les roses dont il peuple ses peintures. 

In the 1860s, the painter is concerned not only to young girls whom he praises the beauty of body, delicacy, attention and the maternal instinct but also girls.

The artist likes to dwell on these figures chubby attitudes borrowed a lovely simplicity. He thus treats all stages of womanhood before maturity, the loss of innocence and the entering into the adult world. Chaplin is therefore as a poet of things transitory, ephemeral: young fresh and delicate as the roses popular in his paintings.




                                                
                                                 Nu de dos, courant des années 1860, huile sur toile, sbg.
                                                 Crédits : galerie Arnaud Catel, Paris.



                                          La Grande Soeur, 2e moitié des années 1860, huile sur toile, sbg.
                                          Crédit : 1st-gallery, USA.




                                              
                                              Jeune Fille au nid
, 1869, huile sur toile, sdbg.
                                              Crédit : musée des Beaux-Arts, Lyon.




Tout au long de sa carrière, ses coloris fétiches sont bien le rose, le gris et le blanc comme le décrit une partie de la critique. 

Mais l’artiste manie si bien les nuances que ses teintes semblent se décliner à l’infini. On lui reprochera des rendus parfois un peut trop aquarellés… Toutefois, Chaplin arrive à conférer à ses œuvres de la densité là où ses imitateurs sont tombés dans une mièvrerie liquide. 

Throughout her career, her favorite colors are pink, gray and white as described by some critics.

But the artist handles the nuances so that its colors appear to decline indefinitely. He is blamed for his watercolored visual effects... However, Chaplin arrives to give his works the density where his followers have fallen into a liquid sentimentality.




                                                  
                                                   Jeune Fille aux fleurs, 2nd moit. an. 1870, h/t, 45,7 x 24,5 cm, sbg.
                                                   Crédit : galerie Callaghan, Royaume-Unis.



Si le Second Empire est marqué par les fêtes mondaines, comme celles données par la princesse Mathilde, le couple impérial aux Tuileries et à Compiègne ainsi que des personnalités du monde comme Arsène Houssaye, la bonne société n’y renonce pas avec l’avènement de la IIIe République. Amateur de théâtre et de danse, et plus généralement de festivités, Chaplin est séduit par la légèreté et l’insouciance des soirées costumées. Déjà existant à la fin des années 1860, le bal, suggéré par des accessoires comme le masque, devient un thème récurrent dans les années 1880.

If the Second Empire is marked by famous parties, such as those given by the Princess Mathilde, the imperial couple at Compiegne and the Tuileries and the personalities of the world as Arsene Houssaye, the good society do not give up with the advent of the IIIrd Republic. Amateur of theater and dance, and more generally of festivities, Chaplin has been attracted by the lightness and carelessness of costume parties. Already existing in the late 1860s, the dance, suggested by accessories such as masks, becomes a recurring theme in the 1880s.



                        
                        Dans les Rêves, vers 1886, huile sur toile, sbg.
                        Crédit : 1st-gallery, USA.

Repères chronologiques

  • 8 juin 1825 : Naissance de Charles Joshua Chaplin aux Andelys dans l'Eure, fils de Jean Chaplin, courtier en oeuvre d'art d'origine anglaise, et d'Olimpe Adelle Moisy d'origine normande. 
  • 1839 : Chaplin entre dans l'atelier de Michel-Martin Drölling fils. 
    1er octobre 1840 : Entrée de Chaplin à l'Ecole des Beaux-Arts sur présentation de son maître. 

  • 1843 : Exclusion de Chaplin du concours du Prix de Rome sur délation à cause de son origine anglaise. 

  • 1845 : Première participation de Chaplin au Salon avec un portrait de femme. 

  • 1847 : Premier voyage de Chaplin dans le centre de la France.
    Il entre à L'Artiste grâce à Hédouin qui l'initie à l'eau-forte. 

  • 1848 : Chaplin rencontre Adolphe Leleux. Second voyage dans le centre de la France. 
    Printemps 1848 : Chaplin expose Une Paysanne d'Auvergne à la Royale Academy de Londres. 
    Chaplin réalise une série de gravures d'après les oeuvres de Leleux probablement jusque vers 1850-51. 

  • 1849 : Achat par l'Etat de L'Appel dans la Bruyère exposé au Salon. 
    Baudelaire et Courbet rendent visite à Chaplin. 

  • 1851 : Obtention d’une médaille de troisième classe grâce au portrait de sa soeur mariée à William Priestley. 
    Chaplin commence probablement à donner des cours particuliers et débute sa collaboration avec le galeriste parisien Beugniet. Mise entre parenthèses de l'activité de gravure. 

  • 1852 : Chaplin obtient une médaille de seconde classe grâce au portrait de son beau-frère William Priestley. 
    Commandes de trois portraits par l’Etat.

  • 1853 (ou avant) : Chaplin visite la Bretagne.

  • 1855 : Exposition du premier panneau décoratif au Salon. 
    Bracquemond grave Le Matin, probablement sa première eau-forte d'après Chaplin. 

  • 1856 : Reprise de l'activité de gravure. 

  • 1857 : Achat des Premières Roses par l'Impératrice Eugénie, première scène de genre exposée au Salon avec Un Rêve. 
    Réalisation de la copie du portrait d’Hélène Fourment d’après Rubens pour la chalcographie du Louvres. 

  • 1859 : Censure de la Vénus par le jury du Salon et ouverture d'une exposition privée dans l'atelier de Chaplin faisant suite au pavillon du Réalisme de Courbet en 1855. 
    Début du chantier du Salon des Fleurs aux Tuileries (1859-septembre 1860). 

  • 1860 : Début présumé de la collaboration de Chaplin avec Georges Petit. 
    Participation à l'exposition organisée par Georges Petit et Louis Martinet sur l'école française moderne. 

  • 1861 :  Chantier du salon de l'Hémicycle au palais de l'Elysée (1861-1862)

  • 1862 : Réalisation des décorations pour la salle de bain de l’Impératrice à l’Elysée et pour l'hôtel du marquis d'Assche en Belgique. Publication d’un recueil de quinze planches d’estampes. Réalisation de la copie de l’Embarquement pour l’île de Cythère d’après Watteau pour la chalcographie du Louvres.
    Mariage de Charles J. Chaplin et de Jeanne-Marie Reiter d'origine normande. 

  • 1863 : Chaplin signe la pétition adressée au Ministre d'Etat contre la limitation des envois au Salon aux côtés de Delacroix, Gérôme, Meissonnier, Doré, Diaz, Isabey, Corot, Pissarro, Fantin-Latour, Puvi de Chavannes, Manet, Tissot, Bracquemond... Le document est ensuite publié dans la Chronique des Arts. 

  • 1864 : Achat des Bulles de Savon par l’Etat pour le Luxembourg ; l’œuvre est détruite dans un incendie.

  • 1865 : Chaplin obtient une médaille de première classe au Salon et devient Chevalier de la Légion d'Honneur. 
    Début de la collaboration avec Goupil & cie (?). 
    Mars 1865 : naissance de Marguerite, future vicomtesse de Najac. 

  • 1866 : Chaplin est classé hors-concours au Salon. 
    15 juin 1866 : naissance de William, futur sous-officier d’artillerie et époux de mademoiselle Bavier-Chauffour. Il devient ainsi parent de Jules Ferry.
    Octobre 1866 (- début de l’année 1867) : ouverture d'un atelier réservés aux femmes dans l'hôtel particulier construit rue de Lisbonne. 
    Recensement de la première céramique de Chaplin. 

  • 1867 : Chaplin expose une céramique au Salon pour la première fois. 

  • 8 juillet 1868 : naissance de Marianne.

  • 8 août 1869 : naissance d'Arthur, futur peintre. 

  • 2 février 1870 : Chaplin approuve avec Corot, Daubigny, Mérino et Ziem un projet de « Constitution des Expositions artistiques » rédigé par Jules de la Rochenoire. Manet, Hédouin, Millet, Courbet, entre autres, rallient le groupe dissident un peu. 
    19 juillet 1870 : début de la guerre franco-allemande suite à la dépêche d'Ems. Chaplin et sa famille rejoignent Royat. 
    Destruction de la maison de campagne de Chaplin à Jouy-en-Josas. Déchéance de Napoléon III officiellement proclamée le 1er mars 1871. 

  • 8 mai 1873 : Chaplin est membre du jury du Salon.

  • 1876 : Nouvelle résidence de Chaplin dans la cale de Tracy, sur la plage d’Arromanches. 
    6 août 1876 : naissance de Robert. 

  • 1877 (et non 1878 !) : Chaplin obtient le grade d’Officier de l’Ordre de la légion d’honneur à la demande des ducs Decazes et d’Audiffret-Pasquier.

  • 1882 : achat de Souvenirs par l’Etat pour le musée du Luxembourg ; toile disparue.

  • 25 avril 1883 : participation de Chaplin à l’exposition "Portraits du siècle, 1783-1883", organisée par La Société philanthropique au ouverte au profit de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. 

  • 1887 : Chaplin est naturalisé. 

  • 1889 : achat du portrait de miss W… par l’Etat ; placé à Compiègne. 
    Achat des Premières Fleurs par Alexandre III de Russie. 

  • 1891 : la fatigue et la maladie ralentissent l’activité artistique du peintre. Villégiatures répétées en province. 
    30 janvier 1891 : Charles J. Chaplin meurt sans souffrance, épuisé par une maladie du foie.


    Chronology


    - June 8, 1825: Birth of Charles Joshua Chaplin at Les Andelys in Normandy, son of John Chaplin, artbroker of English origin, and Olympia Adelle Moisy of Norman origin.

    - 1839: The Chaplin family moved to the rue des Marais St. Germain (Rue Visconti, Paris 6e). Chaplin entered the studio of Michel-Martin Drölling son. 

    1 October 1840: Entry of Chaplin at the Ecole des Beaux-Arts on presentation of his master.

    - 1843: Exclusion of Chaplin of the Prix de Rome : his English origin is denunciated.

    - 1845: Chaplin's first participation at the Salon with a portrait of a woman.

    - 1847: First trip of Chaplin in the center of France. He joined L’Artist through Hedouin who introduced him to the etching.

    - 1848 Chaplin met Adolphe Leleux. Second trip in central France. 

    Spring 1848: Chaplin exhibits Une Paysanne d’Auvernge at the Royal Academy of London. Chaplin made a series of engravings after works of Leleux probably until about 1850-51.

    - 1849: L’Appel dans la bruyère is exhibited at the Salon and purchased by the State. Baudelaire and Courbet visit Chaplin.

    - 1851: IIIrd-class medal with the portrait of his sister married to William Priestley. Chaplin probably began to give private lessons and began his collaboration with the Parisian art dealer Beugniet. Bracketing of the engraving activity.

    - 1852: Chaplin receives a IInd-class medal with the portrait of his brother William Priestley.
     Three portraits ordered by the State.

    - 1853 (or earlier): Chaplin visits Britain.

    - 1855: Exhibition of the first decorative panel at the Salon. Bracquemond engraves Le Matin, probably his first etching from Chaplin.

    - 1856: Chaplin comes back to his engraving activity.

    - 1857: Purchase of Premières Roses by the Empress Eugenie, the first genre painting exhibited at the Salon with Un Rêve. Making a copy of the portrait of Helen Fourment after Rubens for the chalcography of the Louvre.

    - 1859: Censorship of Venus by the jury. Opening a private exhibitionin his studio, Chaplin follows Courbet with his Pavillon du Réalime in 1855. Beginning of the decorative painting for the Salon des Fleurs, Tuileries (1859-September 1860).

    - 1860: Start of his collaboration with George Petit. Participation in the exhibition organized by George Petit and Louis Martinet on the modern French school.

    - 1861: Decoration of the Salon de l’Hémicycle at the Elysee (1861-1862).

    - 1862: Creation of decorations for the bathroom of the Empress at the Elysee and for hotel of the Marquis Vandernoot d’Assche in Belgium. Publication of a set of fifteen prints. Making a copy of L’Embarquement pour Cythère by Watteau for the chalcography of the Louvre.
    Wedding of Charles J. Chaplin and Jeanne-Marie Reiter of Norman origin.

    - 1863: Chaplin signs with of Delacroix, Gerome, Meissonier, Gold, Diaz, Isabey, Corot, Pissarro, Fantin-Latour, Puvi de Chavannes, Manet, Tissot, Bracquemond ... the petition to the Minister against the limitation of work sent to the Salon.  The document is then published in La Chronique des Arts.

    - 1864: Purchase of Bulles de Savon by for the Luxembourg museum. The work is destroyed in a fire.

    - 1865: Chaplin receives a 1st-class medal at the Salon and became a Knight of the Legion of Honor. Began working with Goupil & Co. (?). 

    March 1865: Birth of Margaret, Viscountess Najac future.

    - 1866: Chaplin is « hors-concours » at the Salon. 

    June 15, 1866: birth of William, future noncommissioned officer of artillery and husband-miss Chauffour Bavier. It thus becomes the parent of Jules Ferry. 

    October 1866 (- early 1867): Opening a workshop for women in his mansion built rue de Lisbonne. First ceramic.

    - 1867: Chaplin exhibites a ceramic at the Salon for the first time.

    - July 8, 1868: Birth of Marianne.

    - August 8, 1869: Birth of Arthur, future painter.

    - February 2, 1870: Chaplin along with Corot, Daubigny, Ziem Merino signs a "Constitution of Art exhibits" written by Jules de la Rochenoire. Manet, Hedouin, Millet, Courbet, among others, rallied the dissident group a bit later. 

    July 19, 1870: start of the Franco-German war due to the Ems telegram. Chaplin and his family join Royat. Destruction of the country house of Chaplin in Jouy-en-Josas. Forfeiture of Napoleon III officially proclaimed on 1 March 1871.

    - May 8, 1873: Chaplin is a member of the jury.

    - 1876: Chaplin stays at Arromanches.

    August 6, 1876: birth of Robert.

    - 1877 (not 1878!): Chaplin rose to the rank of Officer of the Order of the Legion of Honour at the dukes Decazes and Audiffret-Pasquier’s request.

    - 1882: Souvenirs is purchased by the State for the musée du Luxembourg. Canvas disappeared.

    - April 25, 1883: Chaplin's participation at "Portraits of the century, 1783-1883," organized by The Philanthropic Society for the profit of the Ecole des Beaux-Arts in Paris.

    - 1887: Chaplin is naturalized.

    - 1889: purchase of the portrait of Miss W ... by the State, located in Compiegne. Premières Fleurs purchased by Alexander III of Russia

    - 1891: fatigue and disease slows the painter’ activity. Resorts repeated.

    January 30, 1891: Charles J. Chaplin died without suffering, exhausted by a liver disease.

Un portraitiste à la mode

                                           Portrait de la mère du Vicomte de Vaufreland, 1876, h/t, 

                                                         84,5 x 60 cm.
                                                         Crédit : Interenchères.




Dès les années 1860, et surtout au cours des années 1870, Chaplin est un portraitiste réputé, plébicité par les femmes du monde. 


Ses portraits offrent un panel des figures mondaines de l'époque comme la comtesse Aimery de la Rochefoucauld ou la duchesse de Mouchy. Au fur et à mesure des années, la touche du peintre devient plus vigoureuse, conférant à ses effigies beaucoup de vivacité, notamment grâce à un travail minutieux des fonds. Les couleurs gagne en densité : les noirs sont profonds, les blancs deviennent presque métalliques... La beauté des femmes de Chaplin réside, non pas forcément dans leur plastique, mais dans le charme enjôleur des regards et des sourires fugaces que le peintre réussi à retranscrire.


In the 1860s, and especially during the 1870s, Chaplin is a famous portraitist, elected by women of the great world. 

His portraits offer an array of worldly figures of the time such as the Countess Aimery  de la Rochefoucauld or Duchess de Mouchy. As to the years, the Chaplin’s manner becomes more vigorous, giving birth to very lively effigies, especially through the painstaking work of the background. The color becomes more dense: blacks are deep, whites are becoming almost metallic ... The beauty of women Chaplin lies, not necessarily in their plastic, but in the beguiling charm of fleeting glances and smiles the painter managed to transcribe. 



                                  Mlle R. van Broek d'Onbrenan, Portrait d'Aimery de la Rouchefoucauld 

                                              (d'après Ch. Chaplin), 1879, eau-forte.

                                              Crédit : B.N.F., Paris.




                                              

                                            Portrait de Mme G., 1876, salon de 1877, huile sur toile, 

                                                           138,5 x 80,5 cm, sdbg.

                                                           Crédit : musée Carnavalet, Paris.

     

                                    Portrait de Mme..., 1890, huile sur toile, 106,7 x 74,2 cm, sdbd.

                                                Crédit : Christie's.


Les portraits de femme représente le quasi totalité de cette production. On dénombre toutefois quelques portraits d'homme et d'enfants dont les effigies de proches comme le peintre Louis-Gustave Ricard (1823-1875). Pour ses jeunes modèles, Chaplin emploie des accessoires symbolisant leur juvénilité que l'on retrouve également dans les scènes de genre comme les corbeilles de fleurs.

Portraits of women represents nearly all of the production of portrait. There are however some portraits of men and children whose like the one of his friend, the painter Louis-Gustave Ricard (1823 - 1875). For his young models, Chaplin uses accessories symbolizing their youthfulness such as baskets of flowers.



                                Portrait de L.-G. Ricard, vers 1863, eau-forte.

                                           Crédit : fonds privé.

                                    
                                                Portrait de M. B., 1887, chromolithographie d'après l'huile sur toile.

                                                Crédit : fonds privé.

Léon Bonnat, un ami de Chaplin


                        Allégorie de la Nuit, 1874,  dédicacé « A mon ami L. Bonnat », sdbd.

                        Crédit : RMN/R_G Ojéda.



Pour sceller une amitié, les peintres ont, au XIXe siècle, coutume de s’offrir ou de s'échanger des œuvres.



En 1874, Charles Chaplin dédicace une composition en tondo à son ami Léon Bonnat (1833-1922), futur professeur de son fils Arthur (1869-1935).

L’œuvre est un panneau décoratif dont le sujet - la nuit - est tiré du cycle thématique des heures de la journée. Ce thème est en soit assez classique. Chaplin le traite à plusieurs reprises au cours de sa carrière.


Toutefois, la ferme souplesse des lignes et la délicatesse de la palette traduisent un univers tendre et vaporeux, non dénué d’humour : le petit amour ailé semble bien embarrassé de devoir supporter sa lourde "charge" dormant à point fermé dans les nuages… 

Chaplin signe là une œuvre personnelle oscillant entre tendresse et second degré. Telle est l’empreinte véritable de l’artiste. 


To seal a friendship, painters used to offer or to exchange their works.

In 1874, Charles Chaplin composes a tondo he dedicates to his friend Léon Bonnat (1833-1922), future teacher of his son Arthur (1869-1935).

The work is a decorative panel whose subject - the night - comes from the cycle of thematic hours of the day. This theme is classic enough. Chaplin treats it several times during his career.

However, the firm flexibility of line and delicacy of the palette reflect a soft and ethereal universe, not without humor: the little winged love seems embarrassed by having to bear the heavy "burden" sleeping in the clouds ...

Louise Abbéma (1858-1927) – Une femme peintre en 1888

                       Louise Abbéma, La Japonaise, éventail au pastel, 1888. 
                       Crédit : Christie’s.



« MM. les membres du jury de peinture m’en voudront peut-être de cet article ; j’en sais plusieurs qui fulminent contre l’envahissement des femmes dans la peinture, et qui sont toujours prêts à refuser […] un tableau signé par une femme ; mais il faut que ces messieurs en prennent leur parti. Je sais bien que c’est très vexant de voir des portraits ou des tableaux traités par des pinceaux tels que ceux de Mmes Jacquemart, Henriette Brown, Louise Abbéma et beaucoup d’autres ; mais je ne vois pas pourquoi les femmes ne tiendraient pas aussi bien leur place en art qu’en littérature […] ». 

Voici ce que l’on peut lire dans l'article d'un quotidien daté de janvier 1888. Et si un artiste a particulièrement contribué à cette déferlante féminine en peinture, c’est bien Charles Chaplin, membre du jury et ancien professeur de Louise Abbéma et d’Henriette Brown… S’il dispense des cours particuliers dès le milieu des années 1850, Chaplin finit par ouvrir un atelier réservé aux femmes dans son hôtel particulier de la rue de Lisbonne vers la fin de l’année 1866 ou au début de l’année suivante. L’initiative du maître est inédite à cette époque.

"MM. board members will perhaps blame me for this article, and I know several who inveigh against the invasion of women in painting, and are always ready to reject [...] a painting signed by a woman but these gentlemen musn’t take their party. I know it's very annoying to see portraits and paintings treated with brushes such as those of Mrs Jacquemart, Henrietta Brown, Louise Abbéma and many others, but I do not see why women could not have their place in art such as in literature [...] ".

Here is what we can read in a newspaper article dated January 1888. And if an artist has especially contributed to this wave of women in painting, it's Charles Chaplin, board member and former teacher of Louise Abbéma and Henriette Brown ... If he provides private courses in the mid-1850s, Chaplin finally opens a workshop for women in his mansion, rue de Lisbonne to the end of 1866 or at the beginning of the following year. The master’s initiative is unprecedented at that time.

Alfred Stevens (1823-1906) - La visite à l'atelier

                                      La Visite à l’atelier, vers 1874, huile sur toile, 67 x 55 cm, sbg.

                                      Crédits : Brussels Art Auctions.


« Alfred Stevens, le peintre par excellence de la Parisienne, dans le sens artistique du mot – que M. Chaplin se rassure – […] a fait construire son atelier du côté de la rue […] A peine quelques esquisses sur les murs. Ici, les toiles ne moisissent pas ; elles sont vendues avant d’avoir été conçues par le peintre, et en enlevées par les marchands et les collectionneurs aussitôt que l’artiste s’est dit : ‘ C’est fini ’. »

Voilà comment le critique Albert Wolff décrit le plus parisien des peintres belges… au détriment du plus français des peintres anglais. Si Wolff est féroce dans ses comparaisons, sa description de l’atelier de Stevens en 1874 nous permet de retrouver l’ambiance de la toile éponyme La Visite à l’atelier réalisée dans les années 1880. Comme Chaplin, la femme est au centre des toiles de Stevens, lorsqu’il ne s’adonne pas à ses marines. La facture rapide de l’œuvre rappelle les exécutions sur le vif. Le modèle ne semble pas avoir été convié pour l’occasion. Il s’agit probablement d’une collectionneuse ou d’une amie en visite.

Alfred Stevens, the archetypal painter of Paris, in the artistic sense of the word - that Mr. Chaplin reassures - [...] has built his studio on the side of the street [...] A few sketches on the walls. Here, the paintings do not have time to mold and are sold before their creation then kidnapped by the dealers and collectors as soon as the artist has said: 'It is finished'. "

That is how the critic Albert Wolff describes the most Parisian among the Belgian painters ... to the detriment of the most French among the English painters. While Wolff is fierce in his similes, his description of the Stevens’ workshop in 1874 allows us to enjoy the atmosphere of the eponymous painting La Visite à l’atelier conducted in the 1880s. Like Chaplin, the woman is at the heart of Stevens' paintings, when he is not dealing with seascapes. The rapid technique of this work recalls the executions from lifr. The model does not appear to have been invited for the occasion. It is probably a collector or a friend visiting.

La peinture décorative : une vocation

                                 Le Printemps, vers 1864 (?), lithographie d'après un panneau décoratif.
                                          


«Ma route est maintenant bien tracée, et c’est la décoration qui a pour moi le plus d’attraits. » 

Tels sont les mots de Chaplin à Arsène Houssaye lorsqu’il réalise en 1859 les panneaux pour l’hôtel du duc de Nemours à Paris. La peinture décorative devient vite une vocation, à tel point qu’elle influence ses scènes de genre et même certains de ses portraits. Les panneaux décoratifs s’inspirent des thèmes du XVIIIe siècle, à savoir : les saisons, les muses, les divinités antiques et les allégories des arts.

My road is now drawn well, and it is the decoration which has for me most attractions. " 

Such are the words of Chaplin to Arsène Houssaye when he realizes in 1859 panels for the hotel de Nemours in Paris. The ornamental painting becomes fast a vocation, so much that it influences its scenes of genr) and even some of his portraits. The ornamental panels are inspired by themes of the XVIIIth century, namely: the seasons, the muses, the antique divinities and the allegories of the arts.



                  L'Architecture, vers 1862, huile sur toile, 80 x 127 cm, sbd.
                        Crédit : Christie's.


Si Chaplin reprend de Boucher la figure du putto venant animer les compositions,  la touche d’humour et de second degré n’appartiennent qu’à lui. Le maître va jusqu’à se parodier lui-même dans une composition mettant en scène deux angelots, l’un dans le rôle du professeur de dessin, l’autre dans celui de l’élève. Chaplin ouvre effectivement vers la fin de l’année 1866 un cours réservé aux femmes, l’un des tous premiers du genre.

If Chaplin borrows Boucher the figure of the putto coming to liven up the compositions, the touch of humor and second degree belong only to him. Chaplin goes as far as parodying himself in a composition staging two cherubs, the one in the role of the art teacher, the other one in that of the pupil. Chaplin opens effectively towards the end of year 1866 a course reserved for the women, one of very first ones of the kind.



                            La Leçon de dessin, vers 1867 (?), sanguine, 23,7 x 21 cm.
                                      Crédit : coll. privée.

 

Les années 1860 correspondent surtout à d’importants chantiers décoratifs : celui des Tuileries, du palais de l’Elysée et de l’hôtel du marquis d’Assche à Bruxelles, construit par l’architecte Alphonse Balat. Aux Tuileries, Chaplin réalise d’un plafond et huit dessus de porte pour le Salon des fleurs. Toutes les œuvres s’envolent dans l’incendie de 1870. Heureusement, les deux ensembles de l’Elysée sont toujours visibles. Pour le salon de l’Hémicycle dit « Pompadour », le peintre a réalisé quatre panneaux dédiés aux grandes divinités féminines : Junon, Diane, Vénus et Minerve correspondant aux heures de la journée.

1860s correspond especially to important ornamental construction sites: that of the Tuileries, the Elysee Palace and the hotel d’Assche in Brussels, built by the architect Alphonse Balat. In the Tuileries, Chaplin realizes a ceiling and eight tops of door for the Salon des Fleurs. All the works flew away in the fire of 1870. Fortunately, the works for the Elysee are always visible. For the Salon de l’Hémicyle said "Salon Pompadour", the painter realized four panels dedicated to the femal divinities: Junon, Diane, Venus and Minerva corresponding to the hours of the day.


 

               Junon, 1861-1862, huile sur toile, sbd.

                                        

Le chantier de la salle de bain de l’impératrice, probablement achevé au début de l’année 1862, est le plus important. La pièce ressemble à une cage en verre. Chaplin a réussi, à « accrocher solidement la couleur sur une matière qui ne peut la retenir…C’est presque peindre sur l’eau », écrira Hector de Callias. 

The paintings for the bathroom of the empress, probably finished at the beginning of year 1862, is the most importan workt. The room looks like a glass cage). Chaplin made a success, "by  hanging on solidly the color on a material which cannot retain it… It is almost to paint on the water ", will write Hector de Callias.



                             Vue de l'intérieur de la salle de bain de l'Impératrice à l'Elysée.


En parallèle, Chaplin réalise pour le marquis d’Assche deux ensembles, l’un de quatre panneaux en médaillons dédiés aux saisons, l’autre de deux panneaux de dessus de porte.

In parallel, Chaplin realizes for the Theodore Vandernoot two sets, one of four panels in medallions dedicated to the seasons, an other one of two top panels of door.



                                            L'Hiver, 1862, huile sur toile, sdbm.